Solutions numériques en EHPAD : vous avez le choix!

2020 a accéléré la diffusion des solutions numériques en EHPAD !
Certes, cela restera une année terriblement marquante pour les établissements, tant pour ceux qui y habitent et leurs familles, que pour ceux qui y travaillent.
Le virus COVID 19  a malheureusement catalysé bien tard la prise de conscience sociétale autour du vieillissement. Pour autant, il a aussi ouvert davantage la porte à la technologie !

Déjà bien avant ce 2020 sans fin, nombreux sont ceux qui tiraient la sonnette d’alarme, signalant les difficultés en EHPAD. Eux qui connaissent si bien les challenges quotidiens de la vie en institution, et les limites organisationnelles liées aux ressources humaines.

En effet, le ratio soignant/soigné laisse peu de place à l’improvisation.
Ajoutons que depuis plusieurs années, les EHPAD connaissent des difficultés de recrutement.
Elles apparaissent d’autant plus visibles qu’elles sont contemporaines d’une hausse du degré de polypathologie et de dépendance des résidents. Il en fallait donc peu pour bouleverser l’équilibre délicat de ces établissements qui se battent chaque jour pour fonctionner.

Alors la COVID 19, excusez du peu, cela faisait beaucoup. Mais les idées pour faciliter le lien et l’échange d’informations ont à cette occasion été foisonnantes.

Pour envisager 2021 avec optimisme, nous vous proposons un tour d’horizon de ce que peut être l’intérêt de la technologie qui s’invite en EHPAD.

Certaines pratiques informatiques déjà bien ancrées dans les EHPAD

En EHPAD la préparation des doses à administrer de médicaments est souvent informatisée
Médicaments : la préparation automatisée des doses à administrer

Le logiciel de soins, pierre angulaire des solutions numériques en EHPAD

Commençons par l’usuel. Le logiciel de soins constitue en EHPAD la base de l’information pour assurer le suivi des résidents. 

Comme le médecin généraliste à son cabinet, comme les équipes médicales à l’hôpital, les soignants d’EHPAD centralisent les données sur un logiciel. Fini donc le dossier papier, les écritures illisibles des uns et des autres, les feuilles perdues. Toutes les données de soins peuvent être référencées dans le software.

Chaque résident bénéficie d’un dossier informatisé dans lequel sont recensés ses antécédents, allergies, traitements, résultats biologiques… Le médecin généraliste peut y écrire ses observations lorsqu’il rend visite à son patient ; il peut également y faire ses ordonnances. On y insère des compte-rendus papiers scannés, ou des comptes-rendus informatiques : hospitalisations, consultations de spécialistes… Les infirmières et aides-soignantes y rédigent leur notes quotidiennes et le suivi de certains paramètres.

Mais malgré ses grandes capacités, l’outil demeure néanmoins sous-utilisé, en raison d’un manque de temps des soignants, ou parfois d’un manque de connaissances informatiques, voire de contraintes rédactionnelles.

Les éditeurs de logiciels (comme Teranga, Malta) tentent donc d’améliorer l’expérience utilisateur : utilisation de scannettes pour valider des actes de soins plutôt que de parcourir le « clicodrome informatique », accès via des tablettes plutôt que de courir jusqu’à l’ordinateur du poste de soins… Mais le temps demeure un frein certain à une utilisation optimale.

Quelle solution numérique pour l’observance médicamenteuse?

L’observance médicamenteuse est également un véritable challenge ! Elle l’est déjà à domicile pour tout un chacun : suivre son ordonnance à la lettre et n’oublier aucun prise est une prouesse.

Mais que dire lorsqu’une infirmière prend soin de 60 résidents d’EHPAD, avec autant d’ordonnances à suivre ? Il existe de surcroît de fréquentes modifications de prescriptions car les maladies qui coexistent chez un même sujet nécessitent souvent des ajustements !

Pour limiter les erreurs, systématiser le suivi, éviter les oublis, plusieurs sociétés développent des systèmes informatisés destinés aux pharmacies d’officine qui livrent les EHPAD. La pharmacie dispose alors d’une sorte de robot distributeur de médicaments : après avoir enregistré l’ordonnance, il conditionne par résident, par date, et par prise (matin, midi, soir) le bon nombre de comprimés. On parle alors de PDA, préparation des doses à administrer : identito vigilance, traçabilité et maniabilité sont la grande valeur ajoutée de ces dispositifs.

Les conditionnements, qui peuvent être des barquettes nominatives (Mdose), de petits sachets, ou encore des plaquettes (Medissimo), sont ensuite livrés à l’EHPAD, pour une durée variant de 1 à 2 semaines en général. Mais il est certain que des modifications de prescription dans cet intervalle nécessitent une modification des PDA, ce qui requiert la vigilance de l’équipe infirmière.

2020, année de la communication digitale

La Tovertaffel, table numérique favorisant la communication en EHPAD
La Tovertafel est appréciée dans la prise en charge des troubles neuro-cognitifs

Communication entre médecins et patients

L’année 2020 a été l’occasion pour les français, qu’ils soient médecins ou patients, de découvrir véritablement la téléconsultation.

Oui tous étaient jusqu’alors un peu réfractaires. Les praticiens ne voyaient pas comment faire de la médecine clinique derrière l’écran, et ils avaient raison. Néanmoins ils ont pu constater que certains suivis ou renouvellements de traitement se faisaient aisément par téléconsultation, les plateformes ayant multiplié les améliorations pour faciliter la communication, la transmission sécurisée d’informations, ou encore le paiement.

En temps de covid 19, certains ont ainsi pu continuer à exercer en limitant l’affluence en salle d’attente, et en “défrichant” des situations médicales à distance. Des seniors ont aussi pu expérimenter ce service : la plateforme de téléconsultation Toktokdoc est par exemple particulièrement dévolue aux EHPAD.

Toujours au service des établissements pour séniors, on compte aussi des chariots de téléconsultation équipés bien sûr d’un écran pour échanger, mais également d’un stéthoscope, d’un otoscope, ou encore d’un tensiomètre connectés : ils adressent directement au médecin les données durant la consultation. Ces outils requièrent bien sûr la présence d’une infirmière aux côtés du résident.

Communication entre le résident et sa famille

Pour la relation senior/famille, les initiatives se sont aussi multipliées durant la 1ere vague de covid. D’abord pas mal d’improvisations locales : on a vu des soignants utiliser Facetime sur leurs smartphones personnels pour maintenir le lien entre les personnes.

Puis des entreprises, des associations, des départements ont offert des tablettes pour favoriser cette communication. Les établissements ont néanmoins constaté que l’utilisation n’était pas naturelle pour les seniors, et que la présence d’un soignant ou d’un animateur à leurs côtés était la plupart du temps nécessaire.

Mais il existe aussi la visioconférence : pas de tablette mais simplement la télévision de la chambre couplée à une camera et à un bouton pour répondre aux appels, comme le propose Emotivi.

Ce printemps 2020 a aussi été l’occasion pour la start up Famileo d’accroître sa visibilité. La société propose, via une application, un « mur  digital » de communication entre l’EHPAD et les familles, pour se tenir au courant de la vie de l’établissement. Mais leur produit phare reste l’envoi postal au résident d’un journal ultra personnalisé par sa famille : enfants, petits-enfants… tous peuvent y déposer des photos et des textes pour construire une gazette chaleureuse et inclusive.

Communication entre résidents, vie sociale de l’établissement

Une table interactive pour partager des moments de convivialité

Du côté des activités et de l’ambiance en EHPAD, une entreprise des Pays Bas a développé la Tovertafel (« table magique » en néérlandais). Elle est destinée à stimuler les personnes souffrant de troubles cognitifs, et à les faire interagir entre elles, mais aussi avec les soignants et les familles.

Il s’agit d’un rétroprojecteur à placer au plafond, au-dessus d’une table. Il projette des images sur la table. Les résidents assis autour peuvent déplacer les images grâce a un capteur infrarouge : jeux de société, activités à connotation de psychomotricité, commentaire de tableaux : les possibilités sont nombreuses.

Des solutions numériques pour stimuler les sens

On voit aussi se développer des solutions de réalité virtuelle comme celle de la société Lumeen: un masque placé devant les yeux du résident permet de le faire voyager : on choisit la destination, le type de paysage. L’animateur se trouvant aux côtés du résident est muni d’une tablette sur laquelle il admire également les images et dispose d’un panel de questions pour stimuler l’échange verbal.

Et après l’image, le son : Music Care développe une solution musicale revendiquant le traitement numérique de la douleur, de l’anxiété, de troubles du sommeil ou encore du comportement.

La vue, l’ouie, mais aussi le toucher ! Le plaid sensoriel Maase utilise ces 3 sens pour apaiser les symptômes psycho-comportementaux fréquemment retrouvés en EHPAD chez les personnes souffrant de maladies neuro-cognitives.

Pepper, le robot ambianceur!

Quant au robot humanoide Pepper, il est destiné, du haut de son 1,2 mètre de technologie, à entrer en relation avec les personnes, notamment pour l’accueil dans les entreprises et les écoles. Mais il semble également trouver sa place dans les EHPAD.

Doté d’une possibilité de reconnaissance faciale, et d’un certain nombre de réactions comportementales adaptées, il a néanmoins été conçu pour être bien différent d’un humain : sa voix et sa morphologie ont été choisies pour être singulières, parce qu’il n’est pas un humain, mais plutôt un assistant ambianceur!

Suivi santé connecté : donnons lui du sens!

patch monitorant les constantes vitales
Le patch Biobutton enregistre fréquences cardiaque et respiratoire, température, mouvements

Au chapitre des objets connectés, les offres sont innombrables. Le marché de la silver economie aiguise de nombreux appétits, appétits pas toujours très au fait de la valeur d’usage. Et tout l’enjeu est bien là : il faut savoir développer des objets qui amélioreront véritablement le quotidien des personnes âgées et de leur entourage, qui seront simples d’utilisation, et dont le coût sera acceptable. Certains se distinguent néanmoins.

Détection de chute et géolocalisation

L’offre de bracelets de géolocalisation et/ou de détection de chute est large, mais ils manquent souvent de capacité en terme de batterie, et leur port n’est pas toujours accepté par les seniors. Notons par ailleurs qu’ils sont rares à détecter les différents types de chutes : ils doivent savoir alerter en cas de chute « molle» comme de chute « brusque », ainsi nommées par les professionnels avertis. Il est également nécessaire de vérifier sur quels moyens de communication ils reposent  : bluetooth, wifi ou autres infrastructures particulières.

Suivi connecté de l’hydratation

Le verre connecté Auxivia a probablement un horizon dégagé devant lui : entre multiplication des épisodes caniculaires, virus « déshydrateurs » tels que ceux de la grippe ou de la gastro entérite, et perte de la sensation de soif l’âge avançant, ses occasions pour briller vont être nombreuses. Il clignote lorsque la personne n’a pas assez bu, et mesure le volume de liquide ingurgité dans la journée.

Solutions numériques pour le suivi des constantes vitales

Parmi les dispositifs connectés ayant un aspect davantage « médicalisé », on peut citer l’electrocardiogramme, le tensiomètre, le glucomètre, ou même le patch, tel que celui co-développé par Omicron et Devinnova : fréquence cardiaque, fréquence respiratoire, tension artérielle, saturation en oxygène, température, mouvements : il détecte nombre de variables ! Mais si les personnes âgées sont souvent “polypathologiques”, et parfois même suivies en « hospitalisation à domicile » au sein de l’EHPAD, il faudra vérifier si le patch correspond aux exigences de l’univers gériatrique : la fameuse “valeur d’usage”. Sur le même principe de monitoring que ce patch, un T shirt lavable est même en cours de développement!

La liste pourrait encore être poursuivie, et les années à venir la rallongeront davantage. La gélule thermomètre existe déjà (Body CAP); et même si elle ne correspond pas aux besoins premiers des EHPAD, elle en dit long sur les possibilités futures pour améliorer le suivi santé des personnes!

Cet éventail de possibilités technologiques qui s’ouvre aux EHPAD est une chance, à condition de savoir s’y retrouver pour l’exploiter à bon escient. Ces outils ont chacun un coût certain, mais aussi une valeur d’usage qui dépend des besoins de chaque établissement : les infrastructures déjà existantes, le budget, les habitudes des équipes sont autant de critères à prendre en compte.

L’élément primordial reste d’insérer ces outils dans le quotidien des établissements. La technologie doit être un support au travail des soignants et un facilitateur du quotidien des résidents : la technologie au service de l’humain, c’est notre vision chez MobaSpace !

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